24 avril – 27 avril 1945 : 28 moments du printemps 1945 (résumé partie 4)

L’étau se resserre – 24 avril 1945

En avril 1945, le Troisième Reich traversait de nombreuses dernières fois. Ainsi, le 24 au matin, Adolf Hitler envoya son dernier ordre écrit et faisait part de ses intentions : il resterait à Berlin pour donner l’exemple et servir l’Allemagne de la meilleure manière possible. Malgré l’insistance de son haut-commandement, Hitler ne souhaitait pas être évacué. Il rejetait toute proposition de reddition, estimant qu’il était trop top pour des négociations fructueuses avec l’ennemi. La population berlinoise, entassée dans des abris anti-bombes, priait pour que la bataille se termine rapidement.

La journée du 24 avril fut un moment crucial de la bataille de Berlin. Les troupes soviétiques furent victorieuses sur les fronts où elles combattaient et parvinrent à prendre complètement Berlin en étau, mettant le Troisième Reich dans une position désespérée. Ainsi, les unités du 1er front biélorusse et du 1er front ukrainien encerclèrent complètement Berlin à l’ouest, les premiers par le nord et les seconds par le sud, assurant ainsi une jonction entre les deux armées et prenant au piège la défense allemande.

A Londres, Churchill accueillit avec satisfaction le récit des événements de la veille à la Maison Blanche : le nouveau Président ne se laissait pas intimider par les Soviétiques. Par ailleurs, il reçut ce jour-là des photos prises par une délégation britannique envoyée à Buchenwald : les atrocités commises par les Allemands dans les camps de concentration commençaient à être mises au jour. Enfin, Churchill fut mis au courant des tentatives de négociations d’Himmler qui se présentait au nom de l’Allemagne arguant qu’Hitler, affaiblit, vivait ses derniers jours.

Staline lui aussi réagit aux événements de la veille défendant ses positions sur la question polonaise : puisque la Pologne était un pays limitrophe de l’URSS, l’URSS avait le droit d’y avoir un gouvernement ami.

A Washington, on perdait de l’intérêt pour la coopération avec les Soviétiques dans la guerre contre le Japon, refroidissant un peu plus les relations entre les deux puissances.

 

Elbe Day et la naissance de l’ONU – 25 avril 1945

La journée du 25 avril fut doublement historique car elle vit la jonction entre les armées soviétiques et américaines dans la Bataille de Berlin et la naissance de l’Organisation des Nations Unies à San Francisco.

C’est au fleuve de l’Elbe, près de la ville de Torgau, que les troupes américaines, avançant depuis l’ouest, et soviétiques, avançant depuis l’est, se rencontrèrent, coupant ainsi l’Allemagne en deux.

Dans son bunker, Hitler reçut une demande surprenante de Hermann Goering : celui-ci le conjurait de lui laisser l’autorité de négocier la reddition avec les Alliés et donc de le laisser prendre le pouvoir, posant un ultimatum. Fou de rage face à cette trahison, Hitler désavoua Goering et le fit mettre en résidence surveillée.

Le premier ministre britannique fit par à Truman de la proposition d’Himmler qui tentait de négocier une reddition séparée avec les Américains et les Britanniques. Churchill et Truman s’entendirent cependant sur le fait que l’Allemagne devait se rendre devant les trois grandes puissances, la guerre ne pouvait continuer avec la seule URSS.

A l’Opéra de San Francisco, la conférence des Nations Unies s’ouvrit en grandes pompes le 25 avril sous les yeux d’un public présent en masse et de 2000 journalistes qui couvraient l’événement.

Un sacrifice hystérique – Jeudi 26 avril 1945

Le 26 avril, le 2e front biélorusse du maréchal Rokossovski prit la ville de Stettin et fit une percée importante au nord-ouest de Berlin. Les combats furent féroces, le Troisième Reich introduisant ses forces de réserve dans la bataille. Mais, le monstre nazi était à l’agonie. À l’intérieur de Berlin,  la bataille était tout aussi intense. Guidés par la force du désespoir, les Allemands embusqués, dont de nombreux très jeunes garçons, luttaient toujours. De leurs côtés, les troupes soviétiques libéraient les prisonniers dans différents camps aux abords de Berlin.

A l’Ouest, les rencontres se poursuivaient sur l’Elbe. D’ailleurs, le 26 avril fut choisi comme date officielle de la rencontre, car en ce jour les commandements des divisions soviétiques et américaines se rencontrèrent.

Dans son bunker, Hitler nomma un nouveau commandant en chef de la Luftwaffe, Robert von Greim. Sur les ordres du Fürher, von Greim, accompagné de sa maîtresse, la célèbre aviatrice Hannah Reitsh, rencontra Hitler à Berlin, un choix extrêmement dangereux puisque la capitale était déjà encerclée par les Soviétiques.

En Italie, Benito Mussolini fut capturé.

 

Le cœur du soldat russe – Vendredi 27 avril 1945

Les troupes soviétiques avançaient difficilement jusqu’au centre de Berlin, subissant de lourdes pertes mais guidées par leur héroïsme. L’aviation jouait un rôle prépondérant et difficile car la fumée des incendies de la ville en ruines réduisait fortement la visibilité. En outre, il fallait résoudre le problème de l’approvisionnement en nourriture des civils toujours très nombreux à Berlin. Les défenses allemandes, encerclées, n’avaient plus que deux solutions : la reddition ou la percée. Mais Hitler refusait toujours de capituler. Par ailleurs, il obtint la confirmation des tentatives avortées d’Himmler de négocier une paix séparée avec les Britanniques et les Américains au nom du Troisième Reich et l’expulsa du parti. Le Fürher, désespéré, convoqua un « conseil du suicide » planifiant son suicide et celui de ses proches présents dans le bunker.

A l’extérieur de Berlin également, les combats sanglants continuaient. A partir du 27 avril, les troupes allemandes ne parvinrent plus à s’implanter solidement sur une position. La fin prochaine de la résistance allemande poussait Churchill à s’inquiéter de la suite, notamment de la délimitation des zones d’occupations finales des trois grandes puissances puisque les combats avaient poussé les Alliés dans des zones qui ne correspondaient pas aux accords initiaux. L’occupation de l’Autriche, elle, n’avait pas fait l’objet d’un accord et la situation se faisait pressante. En fait, les États-Unis et l’Empire britannique souhaitaient que Staline attende un accord des Nations Unies avant tout grand mouvement de troupes.

A San Francisco, justement, Molotov obtenait l’adhésion de l’Ukraine et du Bélarus. Cependant, la question de l’adhésion de la Pologne fut plus épineuse. Les Américains voulaient attendre la mise en place d’un nouveau gouvernement polonais conformément aux Accords de Yalta. Pour les Soviétiques, la Pologne, pays allié, ne devait pas souffrir du report de la mise en œuvre des accords sur cette question. La Belgique, sous l’incitation américaine, proposa alors que la formation d’un gouvernement polonais soutenu par les états initiateurs permette aux délégués polonais de venir à la conférence dès que possible. Tous les états dans la poche de Washington et de Londres approuvèrent la proposition.

 

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