6 mai – 9 mai 1945 : 28 moments du printemps 1945 (résumé partie 7)

Vers Prague – Dimanche 6 mai 1945

Cette nuit-là, les appels s’étaient poursuivis à Prague, enjoignant la population à combattre les Allemands mais aussi les Alliés à venir en aide au peuple. Entendant la demande, Staline demanda d’avancer l’offensive sur Prague, initialement prévue le 7 mai, d’un jour. Le 1er front ukrainien du général Koniev se lança donc sur la capitale tchécoslovaque.

Churchill et Truman échangeaient toujours sur la situation polonaise, admettant qu’ils n’arriveraient à rien sans une réunion avec Staline. Churchill était décidé à maintenir les positions acquises par les forces occidentales en Autriche, Yougoslavie et Tchécoslovaquie.

La capitulation à Reims – Lundi 7 mai 1945

Le 7 mai 1945, l’Allemagne capitula sans conditions face aux forces Alliées. L’acte de reddition fut signé à l’école Polytechnique de Reims par le général allemand Alfred Jodl, en présence de l’Américain Walter B. Smith, du général soviétique Ivan Sousloparov et du général français François Sevez. La signature fut suivie d’une conférence de presse triomphante de Dwight Eisenhower. Les combats devaient s’arrêter le 8 mai.

À Moscou, Staline était pressé par Truman : il fallait annoncer officiellement la fin de la guerre. Mais le Maréchal était ennuyé par le fait que les Allemands s’étaient rendus aux Américains à Reims et non dans la capitale du Troisième Reich et que les Soviétiques avaient été relégués au second plan. De plus, il ne voyait pas d’urgence à déclarer la victoire puisque Prague n’avait pas encore été libérée et que, sur le front de l’Est, les rumeurs de reddition n’avaient pas arrêté les combattants allemands. Staline voulait en fait attendre le 9 mai pour annoncer la victoire. Churchill, lui, jubilait et souhaitait faire l’annonce le plus tôt possible.

La reddition inconditionnelle de l’Allemagne – Mardi 8 mai 1945

Le 8 mai la guerre n’était pas finie pour les troupes soviétiques qui s’avançaient toujours vers Prague, accueillies avec joie par la population tchécoslovaque. Pourtant, la fin de la guerre était déjà célébrée ailleurs et Winston Churchill ne souhaitait pas attendre avant d’annoncer la Victoire. Ainsi, l’annonce fut faite le 8 mai 1945. A Paris comme à Londres, les festivités commencèrent. À Washington, on prétexta que la demande de Staline était arrivée trop tard pour reporter l’annonce de la Victoire.

A Berlin, l’acte de reddition inconditionnelle fut signé par l’amiral Karl Dönitz en présence de représentants du Troisième Reich, de l’URSS, de l’Empire britannique, de la France et des États-Unis. Si la signature avait commencé le 8 mai à Berlin, nous étions déjà le 9 mai à Moscou….Staline annonça donc la victoire le 9 mai, en déclarant que ce jour de célébration serait férié.

Le jour de la Victoire – Mercredi 9 mai 1945

La nuit du 9 mai 1945 l’annonce de la Victoire fut faite en URSS. Tous les habitants, incapables de dormir, sortirent en courant de chez eux pour crier leur joie dans la rue et embrasser leurs voisins. Tous, de Sophia à Varsovie et de Prague à Belgrade, étaient unis dans un bonheur incommensurable. Certes, dans les faits, la guerre n’était pas exactement terminée, mais tous savaient désormais que la victoire était acquise. À Moscou, la foule se pressait devant les ambassades anglaises et américaines pour crier son amitié aux Alliés. Répondant au public, Georges Kennan, chargé d’affaires, plaça le drapeau soviétique à côté du drapeau américain provoquant un redoublement de joie dans la foule. Le mot « victoire » était sur toutes les lèvres.

Le même jour, le 1er front ukrainien faisait une entrée triomphale à Prague et débarrassait la capitale tchécoslovaque des ennemis qui l’occupaient encore. La défense allemande en Tchécoslovaquie s’était effondrée, mais les combats furent rudes dans la capitale et l’Armée Rouge perdit encore plus de 140 000 hommes.

À Londres, Churchill, pensant déjà aux suites de la guerre, regrettait auprès du général Eisenhower que l’armement allemand doive être entièrement détruit. En effet, il pourrait servir dans une prochaine guerre…Aux États-Unis les célébrations furent beaucoup plus modestes. La confrontation avec le Japon continuait et, de plus, le prix de la victoire y avait été moindre qu’en Europe. En outre, les espoirs de coopération américano-soviétique continuaient de fondre : Washington décidait déjà de faire pression sur l’URSS sur la question polonaise et de concentrer les aides américaines à la reconstruction en Europe occidentale.

C’est le 9 mai à 16h que Joseph Staline s’adressa officiellement à la nation. Des félicitations arrivaient de toutes parts au Kremlin. Si Churchill s’inquiétait la veille des stocks de bière à Londres, les stocks de vodka furent bel et bien vidés à Moscou.

 

 

 

 

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