Témoignage d’étudiants : un voyage en Transsibérien

Le récit de Tiffany Jandrain, diplômée de la FTI-EII

Le Transsibérien… Un nom mythique qui en a fait rêver plus d’un. C’est ainsi que, afin de terminer en beauté mon parcours universitaire à l’EII, j’ai emprunté avec trois amis cette célèbre ligne ferroviaire pendant trois semaines pour finalement me plonger au cœur même de la Russie. Une occasion en or également pour pratiquer la langue de Pouchkine apprise durant ces cinq dernières années.

Ayant gardé un excellent souvenir de mon Erasmus à Moscou, je m’étais promis de retourner un jour en Russie. Mais il est vrai que je n’imaginais pas un retour aussi singulier : parcourir plus de 6000 kilomètres sur le territoire russe en train. C’est une expérience hors du commun qui vaut la peine d’être vécue. Voici un résumé du voyage que mes amis et moi avons entrepris :

Après quatre jours bien remplis passés à Moscou, point de départ de notre périple, au cours desquels j’ai pu redécouvrir la ville sous un regard cette fois-ci touristique et retrouver des endroits qui m’étaient chers (la Place rouge demeure mon coup de cœur), direction Kazan, capitale du Tatarstan, située à une nuit en train, soit à plus de 600 kilomètres, de Moscou. On sent déjà un changement de culture, l’orthodoxie faisant place à l’islam et à la magnifique mosquée qui s’impose dans le kremlin de la ville. On perçoit également que, même si elle est peu connue des Occidentaux, cette dernière n’en demeure pas moins un point névralgique du pays.

Le temps de nous reposer une nuit dans une auberge de jeunesse très propre (elles le sont toutes en Russie) et nous voilà déjà repartis en train pour nous rendre cette fois à Iekaterinbourg, célèbre notamment pour avoir été témoin de la fusillade des derniers Romanov, et à Omsk, situé tout près de la frontière russo-kazakhe. Ces deux arrêts nous permettent de marquer une pause dans notre voyage en platskart dans le train, certes génial et riche en rencontres et en découvertes, mais assez long. Quoique… Nos trajets d’une durée pouvant atteindre 21 heures passent à une vitesse folle. On ne s’ennuie jamais : on discute avec les Russes curieux et désirant connaître les raisons qui nous ont poussés à venir chez eux ; on mange les pirojki qu’ils nous offrent ; on boit du thé, on joue aux cartes ou on prend le temps d’admirer le paysage qui défile tout simplement. Des steppes et des bouleaux à perte de vue… Une si grande étendue où, parfois, des villages composés de cabanes en bois se dessinent au loin. Et, entre les arrêts en gare où la provodnitsa s’amuse à discuter avec ses voyageurs et où des babouchkas viennent vendre leurs poissons séchés, et les superbes couchers de soleil que l’on observe à travers la vitre du train, celui-ci continue sa route, imperturbable et toujours ponctuel. Et, pendant ce temps-là, steppes et bouleaux continuent de nous transporter.

Ensuite, après avoir visité Krasnoïarsk et sa réserve naturelle de stolby à couper le souffle, on arrive à Irkoutsk, ville construite à moitié en bois. On a laissé dernière nous la Russie « européenne » ; on sent qu’on s’enfonce inéluctablement au cœur de l’Asie. L’appel du Lac Baïkal, l’apogée de notre voyage, se fait ressentir : sa beauté nous laisse sans voix, sa froideur ne nous arrête pas, son immensité nous fait prendre conscience de sa singularité qui a émerveillé bon nombre d’artistes et autres qui, par la suite, sont tombés sous le charme de « la perle de la Sibérie ».

Enfin, dernière étape après plus d’une semaine passée autour du Lac, sur l’Île d’Olkhon et dans divers villages : Oulan-Oudé. Située à moins de 300 kilomètres de la Mongolie, où le Transmongolien prend le relais, la capitale de la Bouriatie se différencie des autres villes que nous avons explorées tant par ses paysages désormais désertiques et montagneux que par sa culture bouddhiste. Un peu plus loin dans la campagne qu’on pourrait même qualifier de désert, la Selenga, ce grand fleuve tranquille qui longe la ville bouriate, nous offre une vue imprenable sur la région à l’étendue infinie.

Notre voyage s’arrête là, du moins pour le moment. Car, cela ne fait aucun doute, une fois emporté par un tel voyage et par la beauté qu’il comporte, on n’a qu’une seule envie : celle de poursuivre cette route, de parcourir les 3000 kilomètres restants pour atteindre Vladivostok. Alors, si l’expérience vous tente, un conseil : n’hésitez pas. Vous en serez plus que ravi.

Août 2015

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