Témoignage d’étudiants : stage à l’université d’État de Piatigorsk

Jean-Grumiaux (Master 2) est en train d’achever son stage à l’Université d’État de Piatigorsk, où il enseigne le français langue étrangère aux étudiants russes.  La ville de Piatigorsk se situe, elle, dans le sud-ouste de la Russie, dans la région du Caucase. Voici son feedback…

Centre russe : En quoi consiste ton stage ? Que fais-tu exactement ?

Jean Grumiaux : En règle générale, je travaille en binôme avec un professeur russe, j’aide surtout pour la prononciation et le niveau de langue, c’est-à-dire trouver les bonnes expressions, bien utiliser la langue, mais j’aide aussi à comprendre la culture. Par exemple, le 8 mars j’ai expliqué qu’en Belgique ou en France, ce n’est pas un jour important. J’ai aussi essayé de faire comprendre qu’on aime bien tourner autour du pot et ne pas dire les choses directement, ce que les Russes ont du mal à accepter, car ils sont très directs. Il est parfois assez surprenant de voir l’idée que les Russes se font de la France.

Y a-t-il beaucoup d’étudiants qui apprennent le français ?

Le nombre d’étudiants qui apprennent le français est assez difficile à estimer, mais je dirais qu’il y en a une soixantaine. Leur niveau est très inégal et parfois ils viennent juste pour passer le temps, mais ce n’est pas une petite section.

T’es-tu fait des amis parmi les locaux ?

Bien sûr, je me suis fait des amis. Mais en réfléchissant à cette question, je me rends compte que cette ville est un carrefour du monde, cependant les gens ne se mélangent pas forcément. Tous mes proches ici sont des Russes (l’ethnie), car les Caucasiens vivent plus en clan et il est difficile, voire impossible, de s’y intégrer si on n’est pas soi-même Caucasien. Tout le monde est gentil, mais il est parfois difficile de comprendre les codes sociaux dans cette partie de la Russie.

Tu dis que « общежитие » est un concept de vie à découvrir. Peux-tu développer ?

Общежитие, c’est ce qu’on pourrait appeler en Belgique des kots communautaires, sauf qu’il y en a 15 par étage. Dans chaque kot, il y a deux chambres et on peut loger trois personnes dans chacune. La cuisine est commune à l’étage, tandis que chaque kot a une douche et une toilette. Il faut aussi distinguer les kots pour les étrangers, qui sont de meilleure qualité, et ceux des Russes, qui sont plus « standard ». Ce mode de vie permet de rencontrer beaucoup de monde, mais il faut aussi avoir un peu de chance et tomber sur des voisins qui sont agréables, sinon le séjour peut vite devenir un enfer.

Comment trouves-tu la ville de Piatigorsk ?

Piatigorsk est une ville de province très tranquille et entourée de montagnes. On est loin de la vie trépidante de Moscou, mais ce n’est pas non plus un trou paumé. Il y a pas mal de choses à faire dans et autour de la ville, et la vie n’est pas chère. Voir l’Elbrouz depuis le bureau par beau temps est super. Je recommande aux gens d’oublier leurs préjugés sur le Caucase et de venir visiter cette ville.

Tu n’es pas à ton premier séjour en Russie. Que retiens-tu de ton expérience à Piatigorsk ?

J’ai maintenant visité une bonne partie de la Russie occidentale et je peux dire que le Caucase est une expérience à faire. On y mange bien, les paysages sont superbes et les gens sont la plupart du temps étonnés de voir des étrangers débarquer dans leur ville. S’il fallait trouver un point négatif, je dirais la bureaucratie, qui est plus lourde ici encore que dans d’autres parties de la Russie.

avril 2018

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